Le FMI ou bien le cannibalisme moderne : Objectif : Manger l’Afrique !

Voici un article que j’avais écrit le 12 Avril 2010 sur le FMI.

Apparemment, il est de plus en plus d’actualité…

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Bonjour à toutes et à tous.

Je viens de tomber sur 2 articles très intérressants publiés sur  le site http://fr.allafrica.com/

Il s’agit des allocutions du directeur du FMI, Monsieur Dominique Strauss-Kahn, lors de son voyage au Kenya du 7 au 8 Mars 2010.

Le titre de son allocution, très évocateur, s’intitule tout simplement:

“Afrique: Une feuille de route pour la transformation économique de l’Afrique”

En résumé, il s’agit tout simplement de faire “profiter” ce beau continent, gorgé de ressources naturelles, autosuffisant si son économie agricole, industrielle et sociale est bien gérée, de nouveaux instruments financiers et de prêts à taux conditionnels très intéressants, pour peu que les dirigeant africains acceptent les conseils avisés du FMI.

On y évoque ici la création d’un “fonds vert” international provisionné à hauteur de 100 milliards de DOLLARS (ici pas question de fonds en Euro ou bien d’équivalent Or) d’ici 2020.

Ce fonds servirait à “protéger” l’Afrique d’éventuels dérèglements climatiques qui viendraient amplifier d’hypothétiques sécheresses, tremblements de terre et autres tsunamis.

En décodant son discours, voici ce que l’on peut retenir :

– L’Afrique est gorgée de richesses.

– Sa croissance est de l’ordre de 4,5% / an cette année (2009) contrairement aux autres années où elle était aux alentours de 7%. Cependant comparativement à la zone Euro qui sera aux alentours de 1% et celle des USA ne valant pas mieux, l’Afrique représente un gros gateau bien appétissant.

– Les dirigeant africains n’ont pas spéculé en bourse, ce qui leur a permis de ne pas subir les contre-coups de la crise mondiale. Donc heureusement qu’ils n’ont pas écouté/suivi les travers du G20.

– Etant donné son faible niveau d’industrialisation, instaurer une taxe carbone permettrait au FMI de d’empêcher le développement d’appareil productif nécessaire à une indépendance de ce continent, favorisant ainsi “une envie bien légitime” des gouvernements africains de consommer des produits/services fabriqués par les pays du G20.

– L’Afrique doit favoriser le crédit et s’investir beaucoup plus dans les amortisseurs sociaux afin d’aider son peuple à résister aux futures crises : financières, climatiques, ect…

Bref, je ne vais pas vous faire l’analyse du document avant que vous l’ayez lu et je vous livre la perle en attendant vos contributions :

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International Monetary Fund (Washington, DC)

Afrique: Une feuille de route pour la transformation économique de l’Afrique

8 Mars 2010

document

Bonjour. C’est pour moi un grand privilège de participer à cette discussion aux côtés de personnalités aussi éminentes. Il y a un an, j’ai pris part à un dialogue similaire en Tanzanie, consacré aux conséquences de la crise financière mondiale pour l’Afrique. Aujourd’hui, un an plus tard, nous tournons notre attention sur la transformation économique de l’Afrique au lendemain de la crise. Ce débat très important ne pouvait tomber à un moment plus opportun.

L’Afrique et la crise

Je voudrais revenir tout d’abord sur la façon dont l’Afrique a vécu la crise. Comme je l’ai souvent dit par le passé, les pays africains ont été essentiellement des victimes innocentes de la crise. Celle-ci a frappé le continent de multiples manières. Les échanges commerciaux se sont effondrés, les flux de capitaux se sont taris, les envois de fonds des travailleurs émigrés ont diminué et les banques se sont retrouvées en difficulté.

Il en est résulté une année décevante pour l’économie africaine, qui a marqué la fin de l’expansion la plus longue et la plus vaste de l’histoire moderne. En 2009, la croissance de l’Afrique subsaharienne a été voisine de 2 % alors que, avant cela, elle avait atteint un rythme de croisière de l’ordre de 5 à 7 %.

En 2009, les revenus moyens par habitant ont subi une diminution marginale, la première depuis près de vingt ans. Cela s’est accompagné d’immenses souffrances humaines. Des emplois ont été perdus dans le secteur formel et dans le secteur informel. Les progrès accomplis dans la réduction de la pauvreté ont été remis en question. Les problèmes de nutrition se sont aggravés. Dans les autres régions du monde, ce type de crise peut vous faire perdre votre emploi ou peut-être votre maison. En Afrique, elle peut carrément vous coûter la vie, ou celle de vos enfants.

Heureusement, la situation semble s’être retournée. Comme dans le reste du monde, une reprise s’est amorcée en Afrique au second semestre de 2009. Sur tout le continent, on perçoit les signes d’un rebond, dans les échanges internationaux, les recettes d’exportation, le crédit bancaire et l’activité commerciale. Pour 2010, le FMI prévoit une croissance de l’ordre de 4 ½ %. Bref, je crois que l’Afrique a retrouvé ses marques, même si beaucoup dépendra de la reprise mondiale, qui n’en est encore qu’à son tout premier stade.

Les ripostes à la crise

Maintenant que le calme revient, je crois qu’une chose est claire : nous avons échappé au pire. Cette récession aurait pu être plus profonde et plus longue. C’est d’ailleurs ce qui s’était toujours produit dans le passé : traditionnellement, l’activité économique met en général beaucoup plus de temps à se redresser en Afrique que dans le reste du monde.

Mais cette fois, c’est différent. Pourquoi? La principale raison en est que beaucoup de pays africains ont mené de bonnes politiques avant la crise, des politiques qui les ont protégés contre un ralentissement plus prononcé, car elles ont renforcé leurs finances publiques, réduit leur endettement, contenu l’inflation et permis de constituer de confortables réserves. Grâce à l’amélioration considérable de leur situation en matière d’endettement, un grand nombre de pays ont pu utiliser leur budget sans aggraver la crise, mais plutôt pour la combattre. Ils se sont efforcés de préserver, et parfois même d’accroître, les dépenses publiques, alors que leurs recettes diminuaient rapidement. Deux tiers des pays d’Afrique subsaharienne ont suivi, à juste titre, des politiques budgétaires anticycliques en 2009.

L’un des principaux avantages qu’il y a à disposer d’une marge de manœuvre budgétaire est que cela permet de protéger les populations pauvres et vulnérables. Heureusement, pendant la crise, les dépenses sociales ont pu être préservées. Trente-deux pays ont appliqué des programmes de transferts en espèces conditionnels. Certains pays ont abordé la protection sociale sous l’angle du développement, en lançant notamment des travaux publics et des initiatives pour assurer la sécurité alimentaire.

Dans de nombreux pays, il est encore trop tôt pour se passer de la béquille budgétaire. La reprise est encore hésitante et instable, et elle nécessite toujours le soutien des pouvoirs publics, surtout là où il est possible d’obtenir des financements non inflationnistes, de préférence à des conditions concessionnelles. Mais il faut se préparer dès maintenant à reconstituer les «amortisseurs» qui ont été si utiles à l’Afrique pendant la crise.

Le rôle du FMI

Si le mérite en revient pour l’essentiel aux pays eux-mêmes, l’Afrique a pu surmonter la crise grâce aussi à l’aide de la communauté internationale. Le FMI a certainement joué son rôle à cet égard. En 2009, il a accordé à l’Afrique 3,6 milliards de dollars de prêts sans intérêts, soit plus de trois fois le montant engagé en 2008.

Plus fondamentalement, nous avons rénové notre arsenal d’instruments financiers pour adapter nos prêts aux besoins divers d’un groupe de pays africains de plus en plus variés. Nous avons opté pour une conditionnalité moins détaillée afin de nous concentrer davantage sur les politiques fondamentales dont dépendent la stabilité, la croissance et la réduction de la pauvreté. En outre, nous veillons à ce que les programmes comprennent des mesures adéquates pour préserver les dépenses sociales et les initiatives en faveur des pauvres.

Nous avons aussi adopté une approche plus souple des questions d’endettement. Les pays qui sont les moins exposés au risque de surendettement et qui sont dotés de capacités solides pour gérer leurs ressources publiques auront une plus grande latitude pour emprunter davantage à des conditions concessionnelles et non concessionnelles. Nous savons tous que l’Afrique manque d’infrastructures pour assurer son développement.

Le FMI apporte aussi son concours sous forme d’une assistance technique dans de nombreux domaines. Pour être efficaces, des politiques bien conçues doivent s’appuyer sur des fondations solides. Or, nombre de pays doivent encore renforcer leurs institutions et leurs capacités. Le FMI gère actuellement trois centres régionaux d’assistance technique qui sont bien rodés, en Tanzanie, au Mali et au Gabon, et deux autres ouvriront prochainement, au Ghana et à Maurice.

Le défi à relever

Il ne faut pas s’endormir sur ses lauriers. L’Afrique reste éminemment vulnérable à des perturbations économiques qui peuvent avoir des origines très diverses. Songez aux fluctuations des prix des matières premières, aux catastrophes naturelles ou à l’instabilité dans des pays voisins. Songez aux risques résultant de la forte dépendance à l’égard des envois de fonds des travailleurs émigrés, de l’aide et des flux financiers. Songez aux changements climatiques.

L’Afrique continuera de subir des chocs de grande ampleur, persistants et coûteux, et ces chocs continueront de causer de grandes souffrances. Faute de voir leurs conditions de vie s’améliorer, les gens pourraient se tourner vers des activités improductives voire violentes, qui risqueraient de mener à l’instabilité, à l’effondrement de la démocratie ou à la guerre, ce qui aggraverait les souffrances initiales. Cela vaut en particulier pour les pays riches en ressources naturelles, où cette richesse peut vite se transformer en malédiction en provoquant des conflits.

L’Afrique doit à la fois retrouver une croissance vigoureuse et se donner les moyens de mieux résister aux chocs. Il faut commencer par les politiques macroéconomiques. La crise nous livre un enseignement important : les pays qui ont mené de bonnes politiques en période d’expansion en ont récolté les fruits en période de crise. Les pays doivent donc retrouver une marge de manœuvre, pour avoir les moyens de mener une politique anticyclique, sur le plan budgétaire et à l’aide des réserves. Il faut renforcer les dispositifs de protection sociale, qui constituent la première ligne de défense pour la population face à des chocs. Nous devons aussi prendre garde au fait que le creusement des inégalités de revenus, entre régions ou groupes de population, peut aggraver les tensions et rendre les chocs plus déstabilisateurs.

Par quels autres moyens les pays peuvent-ils accroître leur résistance aux chocs? Une meilleure assurance peut atténuer les difficultés économiques résultant des chocs et rendre les finances publiques plus prévisibles. Les dirigeants devraient explorer des approches novatrices. Par exemple, les pays pourraient recourir à des instruments de dette assortis de conditions de remboursement flexibles, à une assurance contre les catastrophes naturelles ou à des instruments souverains de couverture. Le FMI joue son rôle. L’un de nos nouveaux mécanismes, la facilité de crédit rapide, dont l’objectif est d’apporter rapidement un financement assorti d’une conditionnalité limitée, peut aider les pays confrontés à un choc, à un conflit ou à un autre problème. Nous réfléchissons à d’autres moyens qui nous permettraient de renforcer encore notre appui aux pays à faible revenu sujets à des chocs.

Changements climatiques et financement

Si l’on parle de choc, on ne peut ignorer les changements climatiques. En fait, il pourrait s’agir du choc ultime. Malheureusement, les changements climatiques toucheront les pays pauvres le plus vite et le plus durement. L’Afrique n’a guère contribué aux émissions de gaz carbonique qui mettent en danger notre planète, mais elle en paie déjà le prix. Faute d’action, l’Afrique souffrira davantage de sécheresses, d’inondations, de pénuries alimentaires et de maladies, avec peut-être pour conséquences instabilité et conflits. Nous devons agir d’urgence.

Certains diront peut-être à juste titre que la question des changements climatiques ne fait pas partie du mandat du FMI et que c’est le travail de nos collègues de la Banque mondiale et d’autres organisations. Toutefois, le volume de ressources nécessaires pour y faire face a des implications macroéconomiques manifestes : une croissance durable dans les pays en développement exigera des investissements à grande échelle et à long terme pour l’adaptation aux changements climatiques et leur atténuation. Selon l’accord de Copenhague, 100 milliards de dollars par an seront nécessaires d’ici 2020, un montant largement supérieur aux promesses d’aides existantes. Ce sera difficile avec la démarche traditionnelle, à savoir une série de «conférences d’annonces de contributions» pendant les décennies à venir.

C’est pourquoi les services du FMI étudient l’idée d’un Fonds vert qui serait capable de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020. Je tiens à être clair : le FMI n’a pas l’intention de gérer ce fonds. Il souhaite plutôt faire une proposition qui, nous l’espérons, contribuera substantiellement au débat mondial et sera étudiée par la communauté internationale. Le moment est opportun pour présenter de nouvelles idées, puisque le Groupe consultatif de haut niveau de l’ONU sur le financement de la lutte contre les changements climatiques, qui sera coprésidé par Gordon Brown et Meles Zenawi, est sur le point d’entamer ses travaux.

Une bonne partie de ce financement devrait prendre la forme de dons ou de prêts à conditions très concessionnelles. À cet effet, nous avons besoin de ressources de bonification. En définitive, ce sont les pays développés qui devront fournir ces ressources sous la forme de transferts budgétaires, en relevant les taxes sur le carbone et en développant les mécanismes d’échange de droits d’émission de carbone. Toutefois, il faudra du temps pour mettre en place ces nouvelles sources de revenu. Nous avons donc besoin d’une solution transitoire. Un Fonds vert offrirait un mécanisme-relais avant la mise en place, à moyen terme, d’un financement à grande échelle basé sur les émissions de carbone. Et les quotes-parts du FMI pourraient être une clé du partage des charges, pour contribuer à surmonter l’un des obstacles à un accord.

La mise en place d’un tel mécanisme exige un effort politique considérable. Toutefois, les avantages potentiels sont énormes pour l’Afrique et le monde. J’espère revenir sur ce thème dans quelques semaines.

Conclusion

En conclusion, la transformation économique de l’Afrique, avec pour objectif de rehausser le niveau de vie et d’accroître la résistance aux chocs, est une tâche colossale. L’Afrique doit jouer un rôle de premier plan, et je salue la position prise par les dirigeants africains, notamment ici au Kenya, en ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques.

Bien entendu, la communauté internationale doit elle aussi jouer son rôle. Dans notre monde de plus en plus intégré, chacun a intérêt à ce que l’Afrique soit prospère. C’est un processus à double sens.

Tous ces efforts supposent une bonne gouvernance, et c’est chez soi qu’elle commence. Les Africains doivent faire passer le bien commun avant les intérêts locaux. De leur côté, les pays riches ne doivent pas succomber aux pressions politiques internes au détriment des générations futures et des pays pauvres. Ils doivent résister à la tentation de réduire l’aide ou de se lancer dans le protectionnisme.

La tâche est lourde, mais elle n’est pas insurmontable. Comme Nelson Mandela l’a déclaré, «cela paraît toujours impossible, jusqu’à ce que cela devienne réalité».

Je vous remercie de votre attention.

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Maintenant, reprenons l’article et réorganisons ses idées avec comme remarques préalables :

– Bien sûr que certains dirigeants africains sont responsables de la misère de leur population.

– Bien sûr que le découpage regrettable des pays du continent africain en ligne droite par les colonisateurs, mettant dans la même surface des ethnies différentes afin de laisser ces mêmes pays dans un état de tension permanent, ne fait rien pour arranger les choses.

– Bien sûr que la Françafrique a une part de responsabilité dans ce chaos.

Mais aujourd’hui, l’occident et son modèle néo-capitaliste est arrivé à la fin d’un cycle et l’Afrique, autrefois dépendante des pays développés, pourrait aujourd’hui profiter de cette situation afin de ne plus être le continent sous-perfusion que l’on a connu.

Elle en a les moyens, les ressources et la volonté.

Cette indépendance passerait bien évidemment par une coopération interne des pays africains, une sorte de G20 africain travaillant pour les intérêts de sa population.

Mais le discours du FMI ne va pas dans ce sens.

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Je vais donc reprendre quelques points du discours :

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“L’Afrique reste éminemment vulnérable à des perturbations économiques qui peuvent avoir des origines très diverses. Songez aux fluctuations des prix des matières premières, aux catastrophes naturelles ou à l’instabilité dans des pays voisins. Songez aux risques résultant de la forte dépendance à l’égard des envois de fonds des travailleurs émigrés, de l’aide et des flux financiers. Songez aux changements climatiques.

L’Afrique continuera de subir des chocs de grande ampleur, persistants et coûteux, et ces chocs continueront de causer de grandes souffrances. Faute de voir leurs conditions de vie s’améliorer, les gens pourraient se tourner vers des activités improductives voire violentes, qui risqueraient de mener à l’instabilité, à l’effondrement de la démocratie ou à la guerre, ce qui aggraverait les souffrances initiales.

Cela vaut en particulier pour les pays riches en ressources naturelles, où cette richesse peut vite se transformer en malédiction en provoquant des conflits.”

“Faute d’action, l’Afrique souffrira davantage de sécheresses, d’inondations, de pénuries alimentaires et de maladies, avec peut-être pour conséquences instabilité et conflits. Nous devons agir d’urgence.”

“les pays riches ne doivent pas succomber aux pressions politiques internes au détriment des générations futures et des pays pauvres. Ils doivent résister à la tentation de réduire l’aide ou de se lancer dans le protectionnisme.”

“Le moment est opportun pour présenter de nouvelles idées, puisque le Groupe consultatif de haut niveau de l’ONU sur le financement de la lutte contre les changements climatiques, qui sera coprésidé par Gordon Brown et Meles Zenawi, est sur le point d’entamer ses travaux.”

“Une meilleure assurance peut atténuer les difficultés économiques résultant des chocs et rendre les finances publiques plus prévisibles. Les dirigeants devraient explorer des approches novatrices. Par exemple, les pays pourraient recourir à des instruments de dette assortis de conditions de remboursement flexibles, à une assurance contre les catastrophes naturelles ou à des instruments souverains de couverture.

Le FMI joue son rôle”

“Maintenant que le calme revient, je crois qu’une chose est claire : nous avons échappé au pire. Cette récession aurait pu être plus profonde et plus longue. C’est d’ailleurs ce qui s’était toujours produit dans le passé : traditionnellement, l’activité économique met en général beaucoup plus de temps à se redresser en Afrique que dans le reste du monde.”

“Bref, je crois que l’Afrique a retrouvé ses marques, même si beaucoup dépendra de la reprise mondiale, qui n’en est encore qu’à son tout premier stade.”

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Le discours de DSK, enrobé de “nobles intentions”, nous révèle que :

– L’Afrique s’est sortie de la crise sans “aide” des pays du G20

– La seule chose qui pourrait menacer ce continent serait les catastrophes naturelles ou bien les guerres internes générées par “la malédiction des richesses”

– La reprise du développement africain dépendrait de la reprise des pays “riches” et de la création d’instruments financiers spéciaux proposés par le FMI pour rester dans le train de la croissance : quand on voit la situation des USA et de l’Europe, c’est un signe très encourageant pour l’avenir…

( Plus le mensonge est gros, plus il risque de passer ?)

– Instaurer un “fonds vert” pour se prémunir des catastrophes naturelles avec un système d’assurance sur le risque du type CDS

– Imposer une taxe carbone (rejetée en masse par l’Europe) aux africains dont l’industrie de production/pollution représente un iota par rapport à l’Europe, les USA ou la Chine

En revanche, ce dont DSK ne parle pas :

– les prêts conditionnels accordés par le FMI ont détruit le développement industriel, sanitaire, agricole et social des pays emprunteurs. Les obligeant par exemple au développement intensif de mono cultures destinées à l’export (café, ananas, coton, cacao,…) appauvrissant la terre et empêchant la production de fruits, légumes et céréales permettant une auto suffisance alimentaire, obligeant ces mêmes pays endettés à importer de la farine, du mil, du riz… et même à vendre certaines terres arables pour rembourser leur emprunt.

– Les chinois, parceque eux seuls ont les fonds aujourd’hui, achètent comptant des milliers d’hectares pour cultiver justement du riz et des céréales afin de faire face aux besoins alimentaires exponentiels de leur nation, sans en faire profiter le peuple africain.

Ce cycle infernal débouchant ainsi sur une prise d’otage des pays les rendant dépendants ad-vitam eternum de l’occident.

– Il ne parle pas non plus du fait que le FMI vends ses réserves d’or et ne dispose que d’un jeu de placements internationaux pour récupérer des fonds scripturaux ainsi que de la planche à billets pour prêter aux pays en difficultés.

(http://blogs.lesechos.fr/article.php?id_article=3169 : L’or a été l’élément central du système monétaire international jusqu’à l’effondrement du système de parités fixes de Bretton Woods en 1973. Depuis cette date, l’importance de l’or a progressivement diminué. L’or demeure toutefois un avoir de réserve de premier plan pour de nombreux pays et le FMI figure toujours parmi les principaux détenteurs officiels d’or au monde. Conformément au nouveau modèle de revenu adopté en avril 2008, le Conseil d’administration du FMI a approuvé le 18 septembre 2009 une vente d’or strictement limitée à 403,3 tonnes, ce qui représentait un huitième du total de ses avoirs d’or à cette date. Le produit de cette vente d’or permettra de rehausser la capacité de prêts concessionnels du FMI.)

Bref, le FMI se comporte comme un préteur de virtualité pour “sauver” un continent ayant des ressources bien réelles…

Mohamed BALGHOUTHI

le 12/04/2010 et le 07/02/2011

About mohamedbalghouthi

Observateur du Monde
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