“Méritocratie” VS “Mediocratie” … Merci Monsieur Dahmani

Suite à l’article :

http://www.leaders.com.tn/article/dahmani-fathallah-repond-a-jacques-attali-funambulisme-intellectuel-ou-genie-economique?id=4059

Merci Monsieur Dahmani.

Je partage totalement votre vision sur l’économie de marché, ses limites et ses dérives jusqu’au boutistes qui mécaniquement conduise à l’oligarchie (accaparation des biens communs par une minuscule minorité).

Sur la question du quel monde voulons nous pour nos générations futures, il faut nécessairement repenser l’économie avec quelques questions très simples et pourtant fondamentales :

– Une croissance infinie dans un monde fini est-elle possible ?

– Le progrès est-il tributaire de la vitesse ?

– Dans une mondialisation effrénée, le postulat qui veut que nous ayons un maximum de croissance/an est-il une finalité en soi ?

– Peut-on envisager, en fonction des potentialités et des ressources, une croissance retenue qui nous permettrait de consolider cette création/ce maintien des richesses, ou bien sommes-nous dans l’obligation de suivre aveuglément une machine devenue folle guidée uniquement par une financiarisation de l’économie?

En clair : La croissance par la dette est-elle nécessaire ?

– L’économie doit-elle être au service de l’Homme ou bien l’Homme doit-il être au service de l’économie ?

La loi empirique de Paréto qui dit que 80% des richesse sont partagées par 20% des individus est complètement déséquilibrée.

Cette même loi de répartition (ABC) nous dit que sur 100% de l’humanité, la répartition devrait être celle-ci :

– 80 % constituent les classe populaires

– 15 % constitue les classes moyennes

– 5 % constituent les classes aisées

Or nous assistons aujourd’hui à un glissement de ces classes suivant le schéma suivant :

–> Appauvrissement des classes populaires

–> Appauvrissement des classes moyennes

–> Enrichissement des classes aisées

Avec une répartition ABC de ce type :  90%, 7,5%, 2,5%

Le principe des vases communicants implique que la somme des richesses tende “naturellement” vers les classes “aisées” (en fait carrément oligarques) avec un amenuisement dangereux de la classe moyenne.

Dans cette économie de marché, la seule chose de “durable” est la paupérisation de la société.

Ce qui d’un point de vue social conduit à une société de prédation car individualiste a l’extrême, vantant l’opportunisme et la “méritocratie”.

Ce qui conduit à une logique binaire ” Méritocratie ” VS ” Médiocratie”.

Nous ne sommes donc plus dans le pacte social.

Or pour moi, le monde n’est pas binaire et ne se découpe pas suivant une vision capitaliste ou non capitaliste ; les deux systèmes étant d’une part les deux faces de la même médaille qui conduisent à l’asservissement de la société, d’autre part ayant atteint leurs limites.

Quand à la Tunisie, elle a le choix aujourd’hui de construire son modèle, en analysant les limites du système néo-libéral et en se plaçant dans une perspective durable.

La Tunisie aujourd’hui est “presque” capitaliste, presque néo-libérale et presque durable.

Pour ne pas rester ni dans un état statique, ni dans une dynamique sans contrôle, il serait bon de penser même au niveau constitutionnel une régulation de notre économie défendant l’intérêt général.

Mohamed BALGHOUTHI

le 14/02/2011

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Observateur du Monde
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